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Vieillir: au-delà de la réponse médicale

Le 8 octobre 2010, l’association « Cité citoyenne/ si t’es citoyen » a organisé pour vous une rencontre sur le thème suivant :

« Vieillir : au-delà de la réponse médicale »

Cette réunion a eu lieu à la salle Charreton à Saint-Amant-Tallende. Pour tenter d’apporter des éléments de réponse, 4 interventions ont permis d’exposer des éléments de connaissances ou du vécu sous forme de témoignage aux participants. Au terme des présentations, les interventions ont donné lieu à des débats entre les participants. La rencontre a été clôturée autour du verre de l’amitié, permettant de poursuivre les échanges de point de vue dans un mode complémentaire de convivialité !

Différents points clés touchant au vieillissement ont été abordés pour ouvrir au mieux les échanges entre les participants: le « concept de fragilité des personnes vieillissantes » par le docteur Jérôme Bohatier, gériatre ; des « dispositifs d’accompagnement » par Mme Catherine Beuf, assistante sociale; des « possibilités d’adaptation du logement aux handicaps » par Mme Catherine Maillot, architecte. Pour compléter cette approche, Madame et Monsieur Laurencin ont permis par un témoignage émouvant de nous faire rentrer dans le parcours du « vieillissant » en revenant sur leur vie de retraité.

PERSONNES AGEES ET VIE CITOYENNE

Personnes âgées, mais citoyens avant tout !

Si la population française vieillit, elle n’est pas inactive pour autant ! Beaucoup de séniors restent très investis dans la vie associative et donnent de la vie à nos villages qui se complaisent trop souvent dans la torpeur du train-train quotidien. De plus continuer une activité (voire des activités) permet de garder la forme, donne de l’exercice « aux neurones » et entretient des liens avec les autres. Ce lien social, ô combien essentiel et fondement même de la notion de vivre ensemble, est un moyen de lutte de premier plan contre la solitude. Avec ce lien et tout ce qui se construit autour, le vieillissement reste une ouverture au lendemain et est plus source d’enrichissement que d’appauvrissement du quotidien de nos ainés.

Mais cela ne doit pas empêcher d’anticiper « les choses » et de préparer au mieux le maintien à domicile.

Vieillir, ça se prépare et l’improvisation n’a pas sa place !

ATTENTION FRAGILES

"A 70 ans bien sonnés les moyens physiques se réduisent !", nous confient Madame et Monsieur Laurencin "et pourtant ce n’est pas faute de vouloir rester actif ! Nous avons décidé de suivre des cours de Qi Gong que nous avons la chance de pouvoir pratiquer à Saint-Saturnin.

Le Qi Gong est un ensemble de mouvements très lents et doux qui recentre l’énergie et régularise la respiration. "

Le Dr Bohatier nous a expliqué que la fragilité est un état caractérisé par une diminution des capacités d’adaptation au stress ou à l’environnement dans notre vécu quotidien. Elle concerne environ 15% des plus de 65 ans, mais ce pourcentage va croissant avec l’âge pour attendre 45% chez les plus de 75 ans. Son constat rejoint celui du couple Laurencin : « Il faut s’entretenir et apprendre à s’entraider, à pallier réciproquement aux faiblesses de l’un et de l’autre »

« Rester actif » était une des conclusions fortes de la soirée, sans pour autant nous faire oublier que « nous ne sommes pas éternels … », et bien des choses se passent avant de mourir.

Avec le temps qui passe, les maladies nous guettent et souvent nous rattrapent, la force physique s’amoindrit et nous devenons dépendants des autres. Alors quand cela devient un combat, un combat de tous les jours, arrive le triste et redoutable constat du difficile maintien à domicile.

La soirée nous aura toutefois permis de ne pas nous laisser envahir par la sinistrose et de ne pas nous laisser affoler par le poids des chiffres. Au contraire, une lecture "à l’envers" permet de voir les choses différemment car 6% seulement des plus de 80 ans sont dépendants, et donc 94% ne le sont pas !

Nous assistons bel et bien aujourd’hui à une véritable révolution : celle de la longévité et du bien vieillir. Ainsi au début du XXème sicle, il est permis d’espérer de vivre encore au moins vingt ans après l’âge de la retraite Il y a donc de quoi faire de nombreux projets et beaucoup de nos ainés octogénaires ne sont pas en reste !

Mais pour que tout se passe comme prévu, il faut anticiper sur les préoccupations qui barrent le chemin au « Bien vieillir » : ne pas s’embrigader dans des soucis financiers, réfléchir tôt sur la notion de logement adapté ou adaptable, s’investir dans un environnement social et culturel riche.

En pratique, tout mettre en œuvre pour bien vieillir dans son corps et dans sa tête.

DEPENDANCE

Que faire pour contourner la dépendance ?

Mme Billois a mis en avant les dispositifs d’adaptation du logement pour les personnes dont l’autonomie est restreinte. A travers son intervention, elle n’a cessé de rappeler qu’il y a souvent plus qu’une solution pour améliorer les conditions de vie des personnes âgées.

Ainsi, les dispositifs d’adaptation du logement permettent un regain d’autonomie des personnes âgées. Toutefois, toutes les habitations ne sont pas aménageables et quand elles le sont, cela représente tout de même des contraintes comme l’hébergement temporaire de la personne qui vit dans ce foyer pendant les travaux, ou bien encore leur coût financier.

Mme Beuf a rappelé les différentes dispositions et mesures d’accompagnement des personnes âgées à leur domicile. Ainsi les services d’aides peuvent-ils proposer des actions touchant à l’entretien du logement, aux repas et aux courses, à l’aide à la toilette et à l’habillage, à la mobilité ou proposant des sorties accompagnées. Ces aides à domicile sont par ailleurs autant d’occasions pour (re)créer un lien social avec les personnes âgées qui n’ont plus forcément beaucoup de contact de voisinage.

Mme Billois nous a aussi fait part de l’importance des aspects psychologiques à prendre en compte en cas d’inadaptation des logements. Rénover ou réhabiliter un logement, prendre conscience de l’obligation de déménager pour une habitation plus adaptée, … sont souvent source de stress et de déstabilisation, voire vécus comme de véritables traumatismes psychologiques. Un accompagnement est donc fort utile pour aider les personnes âgées à affronter ces complications engendrées. Le recours à un hébergement provisoire en structure d’accueil adaptée permet parfois de pallier à ces effets négatifs.

Curieusement, le débat nous a amené à la problématique suivante : en aidant les personnes âgées à rester chez elles, dans de bonnes conditions et en améliorant leur autonomie, ne risque-t-on pas de les enfermer dans une plus grande solitude ?

Ce fut l’occasion de souligner l’importance du lien social avec le voisinage, des échanges intergénérationnels, et de la nécessaire présence des amis et de la famille.

Vieillir fait peur !

La vieillesse est souvent représentée sur le mode du déclin en opposition à une société qui s’évertue à rester jeune. Les personnes âgées vivent trop souvent l’impression du «on est de trop» ou du «on gène», ou encore du «on vous donne du souci».

Il nous est tous apparu comme évident qu’il fallait changer notre regard ! Nous devons prendre conscience que l’entourage des personnes âgées est très important et que par essence il luttera efficacement contre des sentiments d’inutilité et de gêne pour les autres. Le cercle d’amis, la famille, le médecin, … tous ont une place pour entretenir ce lien social intergénérationnel.

Bien entendu, d’autres services de recours complètent ce champ : les services de soins paramédicaux tels que les cabinets d’infirmiers et services de soins infirmiers à domicile (traitement injectables administrés à domicile, aide à la bonne observance des traitements médicamenteux, réalisation de pansements ou de soins de nursing), les kinésithérapeutes ou les orthophonistes. L’hospitalisation à domicile mise en place pour des pathologies graves, aiguës, chroniques et/ou instables, représente une solution ultime pour rester à domicile et parfois y mourir entouré des siens.

OU S’INFORMER ?

Nombreux étaient les participants à la soirée qui découvraient l’éventail des solutions offertes, et rapidement vinrent les questions pragmatiques : mais en pratique, comment on fait pour en bénéficier ?

La première démarche doit être celle d’aller s’informer et plusieurs solutions s’offrent à nous :

  • à la mairie de notre village
  • auprès de la communauté de communes

LES CHEIRES
1 Rue du Parc
63450 SAINT AMANT TALLENDE
04 73 39 61 50

  • à la circonscription d’action médico-sociale SUD AGGLO

73 rue de la garenne

Les MARTRES DE VEYRE

04 73 39 65 60

  • au CLIC de Billom

04 73 60 48 85

  • PACT ARIM : un projet pour améliorer et réhabiliter l’habitat, assurer des conditions de vie décentes pour tous, lutter contre la crise du logement, et favoriser la cohésion et la mixité sociale sur le territoire urbain comme rural.

Le présent document a été réalisé dans le but de vous donner des idées et/ou de susciter une réaction de votre part. Qu’en pensez-vous ? Faites nous part de vos idées pour devenir à nos cotés des acteurs avertis pour faire société et mieux vivre ensemble.

Merci de votre lecture !

Tag(s) : #VIEILLIR

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