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Habiter est-ce seulement se loger?

Le 9 décembre 2011, l’association a organisé une rencontre sur le thème suivant :

«Notre habitat au regard du développement durable, habiter est-ce seulement se loger ? »

A l’heure de la mondialisation et des problèmes environnementaux, il est important de savoir ce qu’habiter veut dire. Et pour en savoir plus sur ce thème, l’association a choisi de développer deux sujets :

« Notre habitat au regard du développement durable» par M. Patrick Beau, militant associatif et ancien directeur de l’OPHIS

et «L’habitat coopératif » par M. Yves Guédon et Mme. Anne Bigot de l’association Habiter autrement.

Notre habitat au regard du développement durable

Le développement durable se définit comme « un développement qui répond au besoin du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.» (rapport Bruntland, 1987)

Le logement représente environ 30% de la consommation d’énergies et le chauffage représente 60% de cette consommation. Des solutions techniques existent pour réduire cette consommation. Elles se traduisent par :

  • Des matériaux de construction plus ou moins dépensiers en énergie.
  • Des économies d’énergie grâce à un travail d’isolation (jusqu’à 60% de réduction des consommations d’énergie).
  • L’usage raisonné de nos consommations d’énergie (chauffage, éclairage, eau pluviale, gestion des déchets).
  • Et par les méthodes de production d’énergie (éolien, bois, solaire, géothermie)

Cependant ces solutions engendrent deux problématiques :

La première est d’ordre économique: ces techniques ont un coût et pour que ce développement ne soit pas réservé à une certaine catégorie de la population, il faut arriver à arbitrer le quantitatif et qualitatif en matière d’habitat dans une économie contrainte

La seconde problématique est d’ordre architectural. Chaque année le parc immobilier français ne croît que de 1% à 1,5% par an. L’enjeu du développement durable se fera donc sur la réhabilitation du parc existant. Mais en matière d’architecture cela pose problème puisque ce qui prime est l’isolation. Et donc cela contraint son orientation, son volume, son éclairage…

Mais avant de penser à améliorer nos logements, nous avons un véritable travail à faire sur nos mentalités afin de modifier nos pratiques de la vie quotidienne : nos logements peuvent être plus économiques si nous le devenons nous même :

  • Par le recyclage de nos ordures ménagères et le compostage de nos produits organiques…
  • Par la récupération des eaux de pluies pour le jardin, un geste simple qui permet une réelle économie !
  • Et surtout, en évitant le gaspillage au niveau de la lumière, de l’eau, du chauffage, de la nourriture…

Respectons notre territoire et préservons-le pour les générations futures !

L’habitat coopératif « Habicoop »,

Yves Guédon et Anne Bigot de l’association « Habiter autrement » ont expliqué en quoi consistait l’habitat coopératif:

Des familles, des personnes cherchent à accéder à la propriété, sous des formes participatives, coopératives

  • en mettant en commun des financements, les frais de gestion des parties communes...
  • en participant à la conception de leur logement
  • en prévoyant des aménagements collectifs à partir de leurs besoins et de leurs usages partagés.

C’est une réponse alternative à l’accès à la propriété et à l’étalement urbain, par un regroupement des réalisations sur un même terrain où sont mis en commun connaissances et savoir faire par l’auto construction et l’auto réhabilitation.

L’action de l’association « Habiter autrement » est d’aider les volontaires à se regrouper, puis de les accompagner dans leurs projets fonciers, juridiques, techniques et financiers.

Plus précisément, l’objectif de l’association est d’aider à construire ou rénover des logements, de développer un urbanisme raisonné en réduisant les surfaces constructibles, en s’ouvrant aux questions environnementales, en participant aux économies d’énergies, en réduisant ainsi les charges de gestions des logements et en développant un mieux vivre ensemble plus solidaire.

Aujourd’hui 80 à 90 personnes se sont regroupées et préparent des projets qui devraient se réaliser sur l’agglomération clermontoise prochainement.

La société coopérative Clerdôme, filiale de l’Ophis et l’association Habicoop proposent aussi la création de logements sous la forme de coopérative d’habitants.

Plus de renseignements: 06 73 32 05 62 ; 04 73 90 63 43

habiter.autrement@gmail.com

Habiter ce n’est pas seulement se loger.

Lorsque l’on habite quelque part, nous sommes responsables de l’environnement qui nous entoure. Nous devons prendre conscience des responsabilités qui sont les nôtres en tant que résidents mais surtout en tant que citoyens et ainsi progresser sur le chemin d’une société plus propre et respectueuse de l’environnement.

Et c’est aussi une chance car nous ne devons pas oublier les gens qui sont à la rue: en France aujourd’hui il y a encore plus de 130 000 sans domicile fixe.

Et sur notre territoire ?

Notre communauté de communes des cheires se trouve dans une zone péri urbaine mais également rurale. C’est une spécificité qu’il faut prendre en compte dans notre réflexion sur l’aménagement du territoire.

Ce soir-là les participants ont exprimé le souhait d’être mieux consultés afin de pouvoir exprimer leurs positions et leurs propositions dans le cadre des programmes locaux d’urbanisme (PLU) des collectivités locales.

En effet tous les citoyens peuvent avoir des idées, mais aussi des doutes, ou des questions, et ils doivent être pris en comptes.

Comment créer le lien avec les collectivités ?

Est-il possible de créer des lieux d’échanges et d’informations ?

Entendu lors des échanges en petits groupes...

Les textes de loi, les réglementations, les aides financières (déductions d'impôt..) ont une influence importante sur l'évolution de l'habitat. Mais cela nécessite aussi que les collectivités locales suivent (permis de construire, PLU...) et que les personnes investissent cette démarche. Il faut qu'elles y trouvent un intérêt personnel pour que cela marche et non que ce soit vécu comme un diktat.

Essayer de modifier la réglementation en cours, par exemple par rapport aux panneaux photovoltaïques, nécessite d'intervenir au moment de la discussion du PLU (plan local d'urbanisme).

Les mesures législatives obligent les constructeurs mais augmentent aussi les coûts des logements à court terme. Une maison bien isolée fera faire des économies ensuite mais demande un investissement au départ.

Un autre frein est le manque de confiance dans les constructeurs, les fabricants de matériaux, les artisans... qui se lancent dans la rénovation thermique, les énergies renouvelables... sans qu'ils soient toujours bien formés, voire par opportunisme et greenwashing. Ce serait plus facile si nous pouvions avoir des échanges d'expériences, des adresses de bons professionnels locaux...

Le manque de connaissances est un frein mais au delà il existe aussi des freins culturels, par exemple l'attachement à la maison individuelle, à la propriété individuelle par rapport au collectif et au locatif, qui est moins présent dans les pays nordiques qu'ici. L'accession à la propriété tend à fixer les personnes sur leur logement d'où un manque de rotation entre les personnes plus âgées et les plus jeunes. Mais qu'est-ce qui est vraiment important pour ces personnes?: sa maison en soi, être chez soi, être proche de ses amis et connaissances? Si des logements bien adaptés aux personnes âgées étaient conçus, cela pourrait libérer du foncier pour les familles.

Le fait de vivre en milieu semi-rural est apprécié pour le cadre de vie, le calme, la vie sociale, les rencontres... La présence de commerces, d'associations, d'espaces pour les enfants... est importante. Par contre les habitants sont souvent éloignés de leur travail: ici, comme à Paris, on parle en temps de trajet plutôt que de distance en kilomètres! Or les transports en communs sont insuffisants. Certains nouveaux habitants peuvent aussi avoir du mal à s'investir dans la vie locale, dans les associations et être des "habitants consommateurs".

La question de l'habitat concerne aussi l'aménagement des villages, des espaces communs, des trottoirs, la mixité sociale, les transports en commun... et donc la vie sociale et le vivre ensemble, autant de sujets qui intéressent l'association Cité citoyenne!

Tag(s) : #HABITAT

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