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Les transports en commun

Le service public de transport est sans doute celui qui est le plus coûteux pour les collectivités: gros investissements, études préalables chères, tout comme la maintenance du matériel. Il est structurellement en déficit: pour 2 euros de recettes, les dépenses sont de 4,50 euros.

Remarque: Ce coût qui semble important est à relativiser. On ne parle que rarement de ce que la voiture coûte globalement à la société: maladies causées par la pollution, construction et entretien des routes, signalétique, gendarmes...

Le Conseil général a une politique de tarification homogène en proposant depuis un an des trajets à 2 euros et un abonnement mensuel quelles que soient les destinations. Mais il n'y a que 200 abonnés. Il va hiérarchiser le réseau en rendant plus attractive dès l'an prochain l'offre sur les lignes les plus fréquentées et en rabattant les moins utilisées sur les lignes ferroviaires.

L'enquête sur les déplacements dans le Grand Clermont menée par la SMTC montre que les 48% de personnes qui n'utilisent pas les transports en commun ne le font pas pour des raisons de coût. L'efficacité du service (rapidité, fréquence, lisibilité des horaires... ) est par contre décisive, et ce d'autant plus que l'offre est moins importante.

Cette enquête a aussi mis en évidence une baisse du nombre d'usagers avec un passage de 10% de la population en 1993 à 8,5% en 2012. Ceci s'explique par une forte augmentation de l'étalement urbain qui devrait se poursuivre jusqu'en 2015 puis régresser car l'éloignement deviendra trop onéreux. Les politiques d'urbanisme doivent devenir attractives pour inciter à un mouvement inverse vers l'agglomération.

La loi définit 3 niveaux de compétence au niveau des transports: le Conseil régional pour le ferroviaire (qui compte aussi de plus en plus de bus SNCF), le Conseil général pour l'interurbain et Clermont-Communauté pour le transport urbain, qui l'a délégué au syndicat mixte de transport (SMTC).

Il est nécessaire de pouvoir combiner les différents modes de transport: train, bus, cars urbains, covoiturage, vélos en libre service... Les fonctions sont variables au cours de la journée : les besoins sont différents selon que l'on se rende à son travail, que l'on fasse ses courses, que l'on accompagne ses enfants quelque part... Il faut donc intégrer les différents modes de transport et qu'ils se recoupent sur des points stratégiques: la création de 5 pôles intermodaux est en projet. De même pour que l'offre soit plus lisible, une centrale de mobilité permettra bientôt de connaître par téléphone les moyens de transport disponibles pour se rendre d'un point à un autre : www.auvergne-mobilite.fr.

La taille des bus peut être adaptée à la fréquentation mais cela réduit peu le coût d'exploitation puisqu'il faut toujours un conducteur.

Plutôt que de faire des bus pour chaque catégorie de personnes (personnes âgées, ou handicapées, jeunes...), la tendance est de les rendre accessibles à tous, pour qu'ils soient fréquentés par le plus grand nombre, ce qui rend leur coût plus économique. Ceci conduit à la rencontre des différents publics et nécessite de changer ses habitudes. Les lignes scolaires sont ainsi ouvertes à tous maintenant.

Quel est le prix de notre liberté de déplacement? Comment changer nos habitudes?

Différentes expérimentations montrent que la solution la plus efficace est d'augmenter les contraintes.

  • Rendre la circulation plus difficile en ville en supprimant une voie et en l'attribuant aux transports en commun.

  • Augmenter le prix du stationnement

  • Limiter le nombre de place de stationnement: la politique d'urbanisme ne prévoit plus qu'une place de parking pour chaque nouveau logement.

  • Mettre des péages urbains couplés avec des navettes rapides

  • Au niveau de l'autoroute, une réflexion est en cours pour que les transports en commun puissent utiliser la voie de secours du péage de Gerzat à la sortie 5 en cas d'embouteillage comme à Grenoble ou Oslo. Cette partie de l'autoroute n'a heureusement pas été concédée à un exploitant privé: ceux-ci ne sont pas favorables à ce système qui réduirait leurs revenus.

Source: Intervention de Corinne Reynaud-Taillandier lors de la réunion-débat du 23 novembre 2012 sur "Pourquoi réfléchir sur nos déplacements?" en réponse aux points qui sont ressortis des discussions en petits groupes

Tag(s) : #DEPLACEMENTS

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